Pourquoi (encore) une application de covoiturage ?
Une enquête publique sur le sujet du covoiturage a été menée dans le Sud Lozère en 2020. A partir des 200 réponses obtenues, nous avons pu identifier les conclusions suivantes :
Le covoiturage est une pratique existante, sur des trajets courts du quotidien comme des trajets plus longs (pour se rendre en dehors du département). La principale motivation pour covoiturer est avant tout de rendre service, et de limiter les émissions de GES. Bien que le covoiturage s’organise aujourd’hui de manière informelle (groupes de discussion whatsapp, bouche à oreille…), il y a un réel besoin d’un outil qui permettrait de faciliter et d’augmenter le nombre de mise en relation des covoitureurs. L’outil attendu par les usagers devra être facile d’usage, gratuit, et permettre une mise en relation rapide. Quelques années auparavant, un développeur nouvellement installé dans les Gorges du Tarn faisait le même constat.
Les applications mobiles de covoiturage existantes ne sont pas adaptées à des zones rurales ou montagneuses, dans lesquelles le flux de véhicules est peu dense. La fonctionnalité “point de départ-point d’arrivée” sur une plage horaire donnée est le cœur de leur proposition fonctionnelle. Ce système est efficace pour des trajets ponctuels longs mais il n’est pas compatible avec des habitudes de conduite régulières en zone peu dense. D’autre part l’engagement explicite du conducteur à prendre en charge des passagers freine le partage de leurs trajets réguliers. Les groupes Whatsapp sont à l’heure actuelle une bonne alternative mais ils présentent quelques inconvénients du fait que Whatsapp n’a pas été étudié pour le covoiturage. Il est par exemple assez pénible de retrouver un trajet publié quelques jours auparavant et on est vite noyé dans une quantité de messages qui n’ont rien à voir avec nos besoins. Enfin, Whatsapp n’est pas adapté pour des trajets récurrents.
Suite à ce constat, le développeur impliqué dans l’association à but non lucratif spécialisée dans le développement de logiciels Oxymore.tech s’est uni avec le PETR Sud Lozère et le PETR Comminges Pyrénées pour concevoir un outil dédié au covoiturage, principalement récurrent, dans les zones rurales. Le projet est financé par l’ANCT et la Région Occitanie. Les deux PETR sont désignés territoires d’expérimentation.
Les caractéristiques de Liane
Liane est une application numérique open source développée par une association à but non lucratif. Il est important de souligner ce point. L’application est et restera gratuite, sans prise de commission. Elle est conçue pour un besoin de service public. A terme, l’application pourra être reprise par la Région Occitanie pour l’intégrer dans son panel de solutions numériques de mobilité.
Liane a pour objectif de mutualiser des trajets entre personnes ayant les mêmes contraintes spatiales et temporelles, en augmentant les chances de compatibilité.
Pour cela, Liane se veut être un outil très visuel. Une carte est proposée afin de repérer les trajets déjà proposés et permettre ainsi de se raccrocher à des trajets existants même s’ils ne partent pas exactement du même endroit que nous.
Liane souhaite aussi proposer une ergonomie simple et un système rapide de création de trajet qui permettent de limiter les freins à l’utilisation, afin que les utilisateurs proposent le plus grand nombre possible de trajets.
Liane propose également d’autres fonctionnalités très pratiques comme un calendrier de tous les trajets proposés dans les groupes auxquels on appartient et la géolocalisation.
Plus d’information sur les fonctionnalités de l’application sur le site web liane.app

Le test
Avant d’être déployée pour le grand public, l’application doit être testée en mode grandeur nature. Pour cela, elle a deux terrains de jeux : la Lozère, et plus particulièrement le Sud Lozère, et les Comminges au sud de Toulouse.
Des volontaires pour essayer l’application bénévolement sont « recrutés » et accompagnés pendant toute la durée du test, jusqu’à fin avril 2025. Le but est de faire remonter les commentaires, suggestions, incompréhensions et les bugs aux référents locaux qui transmettent ensuite l’information au développeur. Des petits groupes pourraient être formés pour discuter de l’amélioration de telle ou telle fonctionnalité. Bien entendu, plus il y a de testeurs dans une zone et plus le test sera efficace. Un testeur peut rejoindre (ou quitter) le test quand il le souhaite.
L’enregistrement de l’interview sur Liane dans Les Instants des Bartas de Radio Bartas :
Qui peut tester ?
Toutes les personnes voulant pratiquer le covoiturage et souhaitant aider au développement d’une solution technologique adaptés à leurs besoins !
Nul besoin d’être un crack en téléphonie mobile ni internet. L’application fonctionne sur iphone et Android (pas trop vieux).
Il faut toutefois être motivé par faire remonter ses remarques et les bugs rencontrés.
Des rencontres ont été organisées dans le Sud Lozère en février dans différents bourgs du Sud Lozère.
Vous souhaitez plus d’informations ? Vous pouvez contacter Valérie Behr, chargée de mission mobilité durable au PETR Sud Lozère.

Bilan et suite du test
Les réunions publiques ont été très riches. Les testeurs ont posé de nombreuses questions, suggéré des améliorations, soulevé des incompréhensions et découvert des bugs. Ces réunions ont été cruciales pour récolter les informations recherchées par les développeurs. Certains dysfonctionnements ont ainsi pu être identifiés et corrigés rapidement.
Les testeurs ont montré un intérêt certain pour certaines caractéristiques de l’application qui la rendent différente des autres : le fait qu’elle soit Open source et développée par une association sans but lucratif, les fonctionnalités de mise en relation automatique, de visualisation sur la carte et de calendrier synthétisant les trajets proposés dans les lianes.
Début mai, une réunion de bilan entre les développeurs et les chargés de mission a été organisée. Il a été débattu certains retours d’expérience afin de fixer des grandes orientations pour la nouvelle phase de développement. Ce travail de terrain a ainsi contribué à orienter le travail pour rendre l’application pleinement fonctionnelle et mieux adaptée aux besoins spécifiques des territoires peu denses.
L’application rentre donc dans une nouvelle phase de développement. D’importantes modifications vont être apportées dans les mois qui viennent. En attendant, l’application reste disponible sur iPhone et Android mais, il est probable que les utilisateurs voient l’interface changer, rencontrent de nouveaux bugs et voient toutes les lianes être effacées en cas de besoin des développeurs. L’application va donc être instable le temps des modifications. Une nouvelle version sera remise en test quand elle sera prête.

